Un cauchemar, il n'y a aucuns répits.
Je ne peux même pas dormir, sinon mon c½ur risque de s'arrêter.
Je suis épuisée de devoir supporter ce fardeau.
Le besoin sadique d'aimer.
Ne pas accepter ce que je suis.
Ne plus voir mes actes.
Feindre d'être normale.
Mais quels sentiments?
Ceux d'une femme prédatrice.
Incapable de se passer de ça.
La méchanceté ne m'habite pas, mais je suis autre.
Différente des ces êtres communs, dénués de volontés et guidés par un seul instinct destin qui leur
est dicté.
Suivant un instinct animal, bestialité incomprise et souvent rejetée, niée et refoulée.
Je libère celle qui est en moi.
Je suis une erreur de ce monde, différente, n'entrant pas dans ce moule de perfection.
J'ai des désirs étranges, des pulsions qui enflamment mon esprit et mon corps.
Seul cet homme saura-t-il me raisonner ?
Unique point de raison qui me reste.
Acceptant de nombreux écarts que je ne pourrais peut être pas lui accorder.
Je sais qu'il ne veut pas en faire, il n'est pas comme moi.
Acceptant abstinence et gardant une concentration extrême.
Concentration apparente, figeant les traits de son visage, comme les miens.
Intérieurement, mon esprit bouillonne, une mixture de mots, de pensées, de désirs...
Des images, nettes ou brouillées m'apparaissent, des lumières dansent entre les cellules nerveuses.
Comme autant de lucioles voltigeraient autour d'une âme perdue dans des profondeurs abyssales.
Une âme perdue par les vices et le pécher.
Sombres sarcasmes, ceux que m'inspirent la religion et ses règles naïves.
Qui font de ses partisans de parfaits petits moutons soldats.
Fière de ne pas être de cette armée de Panurge, je me remets au pécher capital.
Suprématie de mon orgueil, il dirige une vie sortant de la banalité.
Les lumières sont toujours là, autour de moi, et venant m'accompagner dans cette danse que je veux voir devenir macabre.
Pourquoi, devrait-elle le devenir ? Pour satisfaire cette non-conformité.
Il y a d'autres façons de sortir de ce cercle vicieux entourant la société.
Devenir d'une idiote pécheresse et au bord du gouffre, prête à sauter, à franchir le pas du dégout.
Déjà atteint par le passé, elle ne supportait plus son corps, ni ses actes.
Les corps des autres la dégoutaient, ils la repoussaient jusqu'à en influer sur son absorption de nourriture.
Un excès pouvait l'obliger à se restreindre jusqu'à vouloir se vider, vider ce corps rempli d'une substance repoussante et venant à l'exclure de cette société jugeante.
Image, cliché pris au détour d'une rue et la marquant pour plusieurs jours.
Extrait de vie lui permettant de tenir, de résister à ce besoin vital grandissant qui la hantait.
Résister lui aurait permis de fuir ce passé qui l'a malmené et ammené à se livrer à de sanglantes rencontres.
Récit d'un parcours trop souvent emprunté et qui sera toujours repris.
Toute occasion sera une excuse pour reprendre ce chemin, comme régie par une attirance de la chair, et par l'envie de sensations limites.
Entre le plaisir, la peur, la liberté et la honte.
De contradictoires conséquences pour une seule action, répétée à l'infini, jusqu'à obtenir un quadrillage parfait.
Rouge, flamboyant comme un coucher de soleil.
Une couleur pouvant, si trop employée, coucher elle-même un être et l'amener vers l'éternité.
Des conditions limites approchées et appréciées.
Volonté de recommencer, due à ces pensées qui hantent ma tête, brouillent ma réflexion, guident mes muscles...
Volonté de se distraire en faisant du mal malgré soi.
Ne pas vouloir être une camée ni prendre mon envol avec ces Ailes charnelles.
Si agréables pourtant, douces et emplies de libertés, m'en procurant par ces moments de légèreté.
Volubiles et si belles, ces Ailes sont un appel à la luxure.
Pourquoi me le permettre ?
Pour me garder, toi seul accepte, d'autres ne le ferais jamais.
Jalousie, et moi dans tout ca ? Si tu le voulais, je ne saurais quoi répondre.
Cependant, tu as été transpercé, si profondément, que tu ne veux te détourner de cet être posé au bord de la faille.
Une autre ne t'attirerait pas, mais tu acceptes, pour me garder.
Tu ne veux pas me perdre.
Je te le dis, avant de labourer ce c½ur encore fragile, le mien est prêt à se briser.
Non pas pour m'éloigner de toi, mais pour devenir si fin, que ses éclats pourront s'insérer dans le tien.
J'ai toujours été transpercée par ces sentiments que j'ai éprouvés.
Marquée au fer par eux, marquage par un métal chauffé, prêt à la fusion.
Et déstabilisée par Toi, par ce que j'ai dans la tête, par cette ébriété, fièvre de folie.
Liberté recherchée, mais pourtant restée prisonnière de ces frayeurs.
Paralysée devant le monde, abrutie face à l'injustice et aux horreurs.
Celles causées par l'Homme lui-même mais aussi par celles qui resurgissent d'entre les abysses cellulaires de mon enveloppe charnelle.
Tant détestée entre autres à cause de ces images qu'elle crée en moi.
Et j'essaie d'oublier, de ne plus penser, mais elles sont toujours là, face à moi.
Je suis obligée de les voir, de les subir, de les sentir.
Elles m'accompagnent, font partie intégrante de mon être.
Je dois les accepter et vivre en fonction d'elles...
Mais comment ca « vivre » ?
Parce que tu veux encore vivre ...
